Beyrouth, 13 avril 1975

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Une enquête de sept ans sur l'attaque qui a déclenché la guerre civile libanaise il y a 50 ans…

À Beyrouth, le 13 avril 1975, un bus transportant des Palestiniens est pris pour cible par des hommes armés, marquant le début de la guerre civile libanaise. Dans le style de Javier Cercas ou de Patrick Radden Keefe, le journaliste Marwan Chahine s'est lancé dans une enquête spectaculaire, la première du genre, sur cet événement inaugural. Son objectif n'est pas seulement de découvrir la vérité, mais aussi de mieux raconter l'histoire du pays de son père.

Un matin d'avril 1975, un bus transportant des familles palestiniennes avance lentement dans une rue résidentielle calme d'Ain el-Remmaneh, une banlieue de Beyrouth. Soudain, un coup de feu retentit, suivi d'un autre, puis c'est le carnage. Les représailles sont immédiates, et le reste appartient à l'histoire : une guerre civile qui a duré plus de 15 ans. On sait très peu de choses sur cet événement inaugural que tout le monde au Liban prétend avoir vu mais refuse de se remémorer. Que s'est-il réellement passé ce matin-là ? Pourquoi cette scène est-elle à la fois si présente dans l'imaginaire collectif et pourtant si mystérieuse ?

À l'instar de Radden Keefe dans Ne dis rien, Marwan Chahine a enquêté sur l'histoire de ce bus tristement célèbre pendant plus de 7 ans pour démêler le vrai du faux et révéler la réalité de toute guerre : des générations sacrifiées, des voyous transformés en héros, des micro-événements métamorphosés en légendes, de vrais salauds, de faux héros, des ambiguïtés foisonnantes, de sincères fausses croyances, le mélange de drame et d'absurdité, et bien plus encore.

À travers cette enquête, il interroge la mémoire de la guerre non pas pour redistribuer les rôles ou révéler des scoops, mais pour permettre à la mémoire de circuler – celle des victimes, des bourreaux, des générations suivantes –, montrant qu'elles sont toutes plus étroitement liées qu'on ne pourrait le penser.

Marwan Chahine est né à Paris en 1982 d'un père libanais et d'une mère française. En tant que journaliste, il a été correspondant pour Libération au Caire pendant la révolution égyptienne. Il a également travaillé pour Le Nouvel Observateur et L’Orient-Le Jour.